Demain vous êtes sur un autre chantier, ou avec un client sur un contrat. À l'appartement Herzl le carrelage doit continuer. La personne laissée en charge n'était pas à la clôture d'hier, ne sait pas que la plinthe n'a pas été choisie, et sait seulement que la clé est chez quelqu'un. Sans page, elle vous appellera trois fois avant neuf heures, ou elle continuera un travail qui ne doit pas continuer. Les deux vous coûtent la journée, sur Herzl et sur l'autre adresse.
Remettre un chantier pour une journée, ce n'est pas remplacer le responsable. C'est une liste qui se lit sans vous. Si la journée ne peut pas se tenir à partir de la liste, la journée n'est pas prête, et vous ne partez pas tant que ce n'est pas écrit. Une consigne dite sur le palier ne tient pas quand le téléphone sonne sur l'autre chantier.
Ce qui est sur la page
- Qui arrive, à quelle heure, et dans quel appartement
- Ce qui continue depuis hier, par pièce
- Ce qu'on ne touche pas : un mur ouvert, une pièce fermée, du matériau en attente de contrôle
- Où est la clé, et comment entrer
- Qui appeler si le matériau manque, si une personne manque, ou si le client se présente
Une ligne sur ce qui a été fini hier évite une devinette. Le carrelage de la chambre de droite est fermé, plinthe comprise. La salle de bain attend le carrelage mural, ne la commencez pas. Celui qui arrive le matin ne devrait pas avoir à reconstruire cela à partir des photos. Si le matériau de la salle de bain est déjà dans la pièce, écrivez qu'il attend, pour qu'on ne le pose pas seulement parce qu'il est à portée de main.
Ce que vous gardez encore
Un paiement à un fournisseur, une promesse au client, et une décision sur un supplément ne passent pas tout seuls à la personne qui reste. Si l'un de ces points doit se faire demain, écrivez qui a le droit de décider, et jusqu'à quel montant. Sans cela, soit le travail s'arrête sur vous, soit quelqu'un approuve un prix que vous ne défendrez pas. Un supplément au-dessus de ce montant attend votre retour, même si le client est sur place et veut aller vite.
Le numéro du client va sur la page, avec ce qu'on peut dire. On peut dire que le carrelage continue. On ne peut pas promettre une nouvelle date de remise. Une promesse faite sans vous est votre promesse ensuite. Si le client demande où en est le budget, la personne sur place lit les lignes déjà écrites et ne invente pas un solde.
À la fin de cette journée
La personne qui est restée écrit cinq lignes avant de fermer : ce qui a été fait, qui était là, ce qui a cassé ou ce qui manque, et ce qui est pour demain. Vous le lisez le soir, pas le lendemain devant l'équipe. Si quelque chose est sorti de la page, cela s'écrit en une ligne, ce n'est pas laissé pour une conversation. Une clé qui a changé de poche et un sac de matériau ouvert se notent avant que la porte se ferme.
La même page sert quand vous revenez après deux jours. Elle ne remplace pas le journal du jour. C'est la note d'où le journal part. Sur Bialik ou sur Herzl, la règle est la même : la journée sans vous se lit, elle ne se devine pas.
Une journée sans vous peut avancer. Elle ne peut pas avancer à partir de la mémoire de quelqu'un d'autre.